“Atlas”
Transformation et surélévation de la cabane d’Orny CAS
Concours sur invitation 2026
2ème rang / 2ème prix
Le projet propose un geste simple et radical: dissocier temporairement la structure bois de son socle minéral, la soulever grâce à des crics manuels, puis glisser entre les deux un nouvel étage habité. Cette strate supplémentaire augmente la capacité de la cabane sans l’étendre dans le paysage. Elle prolonge sa vie tout en renforçant sa silhouette triangulaire familière.
La structure bois existante, reconnue saine, est conservée. Les ajouts devenus parasites sont déposés afin de clarifier la figure du bâtiment : un volume compact en bois posé sur un socle rocheux. L’agrandissement se fait ainsi par épaississement vertical plutôt que par dispersion latérale.
Le projet réorganise les usages de manière lisible : les fonctions logistiques et techniques prennent place dans le socle, les espaces collectifs s’installent dans le nouvel étage, en relation directe avec le paysage, tandis que les dortoirs occupent les niveaux supérieurs. Une cage d’escalier centrale forme l’épine dorsale du projet, à la fois structurelle, distributive et climatique.
L’intervention privilégie une construction mesurée, adaptée aux contraintes du milieu alpin. Les éléments sont dimensionnés pour le transport héliporté et une mise en œuvre principalement manuelle. Les matériaux issus de la déconstruction sont réemployés dans les aménagements et l’ouvrage de protection.
La rénovation énergétique repose sur des principes sobres et réparables : isolation intérieure biosourcée, ventilation naturelle, production solaire en toiture, stockage gravitaire de l’eau et toilettes à compostage. Dans cette économie de moyens, Atlas propose une transformation attentive de l’existant, entre radicalité constructive, permanence de la figure et adaptation aux usages contemporains de la montagne.
Avec Lüchinger+Meyer, ingénieurs civils et Enpleo, physiciens du bâtiment
Transformation d’un chalet d’habitation en bâtiment administratif, Val-d’Illiez
Réalisation 2025
Au cœur du village de Val-d’Illiez, un chalet historique datant de 1891, marqué par le temps, se transforme en une nouvelle maison de commune.
L’édifice, à l’abandon, est dans un état avancé de délabrement. Seuls les façades et les éléments présentant un intérêt patrimonial sont conservés. À chaque niveau le bâtiment est surélevé pour offrir la hauteur d’étage nécessaire à sa nouvelle fonction. Cette « élévation » par empilement s’effectue par un procédé aussi prodigieux qu’archaïque, un homme et un cric. Prouesse rappelant que l’action humaine, aussi modeste soit elle, peut parfois déplacer des montagnes (ou un bâtiment).
À l’intérieur un nouveau corps se développe, les planchers se raccordent aux nouvelles ceintures de bois, réinterprétant les plafonds existants par le biais d’un quadrillage de caissons techniques. Un noyau parasismique central organise et distribue les espaces, tout en abritant les services.
La transformation de ce chalet historique invite à une réflexion profonde sur la rénovation du patrimoine. Plutôt que de figer l’histoire dans une restauration d’un bâtiment achevé, le projet propose une transformation vivante, où chaque strate de l’édifice s’affirme et se raconte. Le jeu des façades est une conversation avec le temps : les ouvertures anciennes, même celles modifiées au cours du temps, sont préservées et se voient enrichies de nouvelles percées. Ainsi, l’histoire du lieu est prolongée, l’habitabilité des espaces est améliorée et la nouvelle maison de commune peut s’installer.
Un projet de Madeleine architectes et François Nantermod
Transformation d’une maison dans les vignes, Aigle
Réalisation en auto-construction - 2020
Le contexte vigneron du bâtiment existant inspire des qualités spécifiques à la nouvelle intervention. Les murs de pierres intemporels contrastants avec la vigne en perpétuel changement au fil de l’année.
La nouvelle enveloppe thermique de la maison renforce les ordres horizontaux de la façade en épaississant la partie centrale d’une couche de liège brulé à la flamme vive. Cette technique expérimentale empêche l’oxydation de sa surface et le dote d’une teinte noirâtre.
La spatialité intérieure est reconfigurée pour répondre aux besoins des nouveaux habitants. Les murs de l’étage de vie sont partiellement supprimés, et la notion de pièces avec. Une cuisine sur pilotis est ajoutée à ce système d’inter-espaces. À l’étage, le généreux hall de distribution s’attribue une partie de la fonction de la salle de bain pour les trois chambres à coucher.
Un projet de Madeleine architectes et François Nantermod
Crédit photo: Olivier Di Giambattista
Crédit vidéo: Antoine Béguin
Centre médical et crèche UAPE à Evolène
Concours 2022
1er rang / 1er prix
Extrait du rapport du jury:
Le programme est réparti dans deux bâtiments distincts, le premier, vertical et étroit, s'implante au nord du site, contre le mur de la salle polyvalente, perpendiculairement à la pente. Il redéfinit l'esplanade du parking et complète le complexe scolaire en lui donnant une façade nord orientée vers l'accès principal et le centre du village. Ce bâtiment accueille le centre médical dans ses 2 niveaux supérieurs, accessible directement depuis le parking qui lui est dédié. La salle multi-usages, prolongée par un préau couvert, occupe le rez inférieur, dans le prolongement de la salle polyvalente existante, avec l'UAPE en galerie.
Ce dispositif offre une excellente flexibilité d'usage entre ces deux salles très utilisées par les collectivités locales, avec une nouvelle entrée de plain-pied à ce niveau.
Un second bâtiment horizontal d'un niveau prend place, dans la partie plate du terrain au sud-ouest de l'école. Il accueille la crèche. Sa silhouette basse et sa toiture végétalisée lui permettent de se fondre dans le site et d'offrir un accès et des prolongements extérieurs de plain-pied, ainsi que de bonnes conditions de lumière pour l'ensemble de ce programme.
Par sa volumétrie, son rapport à la pente et sa matérialité, le nouveau bâtiment vertical reprend et poursuit la recherche d'analogie avec les maisons d'habitations d'Évolène amorcée par les architectes qui ont construit l'école, l'inscrivant ainsi dans la continuité du bâtiment qu'il complète, mais aussi de l'histoire et de la culture de la vallée. À l'inverse, le bâtiment de la crèche s'apparente plutôt à une construction utilitaire semblant, au premier abord, répondre simplement à son usage. Une lecture plus attentive des images révèle toutefois une volonté de recherche d'éléments narratifs basés sur la construction et les assemblages, à poursuivre dans le développement de l'expression du projet. Quoi qu'il en soit, les auteurs évitent le piège de la référence littérale à l'architecture vernaculaire et la reprise directe d’élément pittoresque dépourvus de substance.
La dissociation des programmes et l'implantation intelligente des 2 constructions, dont les formes sont adaptées à leurs fonctions et à la topographie, permettent de restructurer le site avec une grande économie de moyens.
Avec Ingphi Lausanne
“La Recette”
Réalisation, Chavornay, 2022
À la rencontre d’une ferme et d’un poulailler, adossé contre la pente d’un verger, un rural abritant à l’origine les cochons est transformé en lieu de retraite pour les parents d’une famille nombreuse. Le volume intérieur subit une purge nécessaire à l’accueil de ses nouvelles fonctions.
Une profession libérale occupe le rez-de-chaussée, tandis qu’un refuge parental s’empare de l’étage et de sa surélévation dont l’espace ouvert est en relation avec deux orientations opposées mais équitablement riche de leur contexte. La situation du verger pittoresque à l’est répondant au crépuscule du coucher de soleil sur les toits des granges à l’ouest évoque les deux peintures de Caspar David Friedrich « Der Abenstern » & « Frau vor untergehender Sonne »
La circulation relie les espaces du rez-de-chaussée à la surélévation au moyen de deux escaliers hélicoïdaux en bois non superposées, amplifiant ainsi la verticalité de cette faille distributive. Un cheminement serpentant à travers les hautes herbes menant à une passerelle en bois, élément vernaculaire particulier des ruraux de la région, complète le parcours en boucle.
Élaborée par le mariage du minéral (chaux) et végétal (chanvre), une couche isolante est directement appliquée sur la façade existante, comme un onguent panse une plaie. Un atelier participatif réunit l’artisan, le client et l’architecte autour du façonnage de cette nouvelle peau qui s’exprime comme revêtement honnête et brut.
Un projet de Madeleine architectes et François Nantermod
Crédit photo: Séverin Malaud et Madeleine architectes
Crédit vidéo: Antoine Béguin
Madeleine — Architectes Sarl
︎ madeleinearchitectes
Architectes EPF SIA ARB.
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